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  • : Centre culturel du Goëlo "Anjela Duval"
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  • : Le centre culturel "Anjela Duval" a pour vocation de faire vivre la culture et les traditions de Paimpol et sa région.
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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 00:00

 

Petit rappel :

Botrel-01 Théodore Botrel est né à Dinan en 1868. Il passe sa petite enfance chez sa grand-mère près de Saint-Méen, puis rejoint ses parents à Paris, à l'âge de sept ans, pour y faire ses études.  Il exerce ensuite divers petits métiers, passe cinq ans à Rennes, pour y faire son service militaire, puis revient à Paris et est embauché par la société des chemins de fer P.L.M.  Son temps libre, il le passe à fréquenter les milieux du café-concert, car il a un certain talent de poète et compositeur.

 

Comment est née La Paimpolaise...

Un soir, au cabaret « Le Chien Noir », un des chansonniers est absent, et Th Botrel le remplace au pied levé.  Le patron du cabaret l’invite alors  à se produire en tant que chanteur, et non plus simple parolier. Botrel saute sur l’occasion.

 

Il raconte dans ses mémoires *(voir en fin d’article) :

   

 « …il me fallait, coûte que coûte, et dans les vingt-quatre heures, un programme nouveau, un répertoire bien typique.  Je venais de lire Pêcheur d'Islande, de Pierre Loti, et la pauvre Gaud était comme vivante à mes yeux, prostrée, mais confiante, au pied de la Croix des Veuves. D'un jet, je paraphrasai le roman déjà célèbre, décrivant à mon tour et fixant en six petits couplets le labeur terrible du morûtier et l'image de celle qui l'attend au pays breton. »

 

La Paimpolaise était née.  C’était en 1895.

 

Botrel-paimpolaise 1     Botrel-paimpolaise 2

 

L’air de la chanson est imaginé par Botrel qui avait en tête un vieil air de chasse entendu dans sa jeunesse. Mais c’est Emile Feautrier qui réalise  la « mise en musique ».  

   

Voici  la chanson interprétée, d'une voix surannée, par Théodore Botrel lui-même : 

 

  

 Botrel-vignette tab  

  et pour les accordéonistes, voici la tablature.  

 

 

 

Botrel-vignette paimpolaise

 

Quant aux paroles de la chanson, elles ont subi quelques petites évolutions avec le temps, par exemple pour s’adapter à l’humeur et à la gestuelle du chansonnier qui l’interprétait.  La version qu’on en donne ici est probablement la dernière connue.                                                              cliquer sur l'image pour voir les paroles 

 

 

 

 

 

 

On a beaucoup palabré sur la falaise de Paimpol, qui n’existe pas ; en fait Botrel lui-même précisera plus tard :

   

« Je ne connaissais, alors, de la petite cité de Paimpol, qu'elle-même et pour l'avoir traversée au cours d'une excursion rapide ; j'ignorais ses falaises. Or, le Paimpol des «Pêcheurs d'Islande» n'est pas la ville, où ne logent que les armateurs et les marchands, mais bien les superbes falaises qui la dominent : celles de Ploubazlanec (…..et celles) aussi de Porz-Even que domine la «Croix des Veuves» immortalisée par le roman de Loti ........ »

 

 

La suite de l’histoire……

A partir de là, Botrel est engagé au « Chien Noir ». Mais La Paimpolaise n'est  véritablement rendue célèbre que lorsqu’un jeune chanteur toulonnais, du nom de Mayol, inscrit la chanson à son répertoire. Le succès est considérable, et La Paimpolaise va désormais assurer la renommée de Botrel, y compris à l’étranger.

 

Botrel publie de nombreux recueils de chansons avec la coopération d’un peintre pour les illustrations et d’un compositeur pour l’harmonisation musicale.

 

Chansons-de-chez-nous 2     Chansons-fleur de lys 2

 

Le premier de ces albums, les Chansons de chez nous, paraît en 1898 : Composé au Port-Blanc près de Tréguier, illustré par le peintre finistérien  Eugène-Hervé Vincent,  et préfacé par Anatole Le Braz, cet ouvrage comprend 44 titres dont La Paimpolaise.  Il a été récompensé par l’Académie Française. 

Puis en 1899, sont publiées les Chansons de la Fleur de lys, sur le thème de la chouannerie et des souffrances subies par le peuple breton sous la révolution ; en 1900, les Contes du lit-clos ; en 1901, les Chansons en Sabots ; etc.

 

Ainsi, pendant une trentaine d’années, et jusqu’à sa mort survenue en 1925 à Pont-Aven, Th.Botrel a composé des centaines de chansons ayant pour thèmes l'amour, les charmes et la misère du pays breton. Puis des chants patriotiques, des chansons pour relever le moral des troupes pendant la guerre, etc.

 

Botrel-guerre1Botrel-guerre2 

 

Son succès ne s’est jamais démenti….et pourtant Théodore Botrel ne fit pas l’unanimité : on lui reprocha d’avoir décrit la Bretagne de manière caricaturale, voire exotique. De plus, en ce début du 20ème siècle marqué par l’anticléricalisme, son catholicisme militant (teinté de royalisme), a soulevé des critiques.

Il n’empêche : Th Botrel aura beaucoup fait pour la notoriété de Paimpol, et nous lui en savons gré.

 

* Th. Botrel a écrit ses mémoires (inachevées) : Les Souvenirs d'un barde errant, que vous pouvez télécharger en cliquant sur l'image ci-dessous  :

  

  Botrel-mémoires-pagegarde

On y trouve de nombreux détails sur sa vie, son œuvre, avec des anecdotes parfois surprenantes, comme la rencontre un peu terrifiante qu’il a faite avec un loup dans les bois de Saint-Méen. (chap 18, pp 30-35).

 

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Published by ccgad-paimpol - dans CULTURE BRETONNE
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commentaires

Le Corre S. 08/05/2013 19:39

Bonjour, Très intéressant cet article mais vous avez commis une erreur sur le prénom de Feautrier qui s'appelait Eugène et non Émile. (Voir la Paimpolaise troisième partie chapitre 27 du livre de Botrel). Merci pour tous ces renseignements.
S.Le Corre